Tu n’es plus seul…

Tu n’es plus seul à être seul

Le prix de la liberté ? : Une solitude extrême.

Sans rien attendre. Sans espoir. Sans certitude.

Comme un poème éphémère et volage sur la page de l’instant.

Il s’offre nu en plein cœur de nos champs de bataille où s’agitent d’autres enfants mal-grandis… En mal de reconnaissance, d’honneurs, de paraitre; histoire de se sentir ou de se croire –justement- moins seul. Ronde infinie qui tient le monde.

Rilke, Singer, Bobin, Platon, Rùmi… Tant d’autres, souvent anonymes, en ont si bien parlé du prix exorbitant de cette solitude! Parlé aussi de cette réalité manichéenne, quantitative nous aspirant à tant vouloir compter pour les autres : C’est là notre dérive primordiale, notre omerta.

A l’origine, c’était juste pour que notre mère soit fière de nous… Mais un jour, elle mourut, laissant derrière elle cette empreinte indélébile, ce manque profond.

Pourquoi suis-je sur terre ? Bonne question sans réponse !

Ô, quelqu’un, quelque part, doit bien pouvoir répondre, non ? Certainement pas moi !

Pourtant, je perçois fugitivement, à travers quelques joies éphémères, des écheveaux épars s’entremêlant vers une quête de sens… Mais rien de vraiment probant qui puisse me rassurer. Cette quête pressentie est mon Inespéré, mon salut tout personnel

L’île, au cœur d’un océan de tourmentes intérieures abyssales

Je sais que ces courts moments de miracle ordinaire ne feront que passer, mais ils me délivrent de leur attente. Paradoxal ? Pas vraiment…

Allez voir du côté des Chamans, des éveillés de toute obédience

Des poètes inspirés et de leurs plumes légères, des philosophes antiques…

Attention : arrivé à ce stade de ma déclaration de solitude, je ne prétends pas être des leurs… ce serait un leurre de plus me perdant davantage !

Je demeure un petit combattant de l’ombre, anonyme, instable, si méconnu du Grand public mais ma foi, fort connu deceux qui le connaissent, comme je m’amuse à me définir… C’est rassurant.

Avec le diktat quasi divin d’Internet, tout s’est considérablement brouillé, compliqué…

Au fur et à mesure que l’horizon s’ouvrait grâce à son emprise, notre vue, nos perceptions intimes se sont rétrécies à la mesure de son exponentielle conquête de plus en plus lointaine…

Mais l’essentiel n’a pas besoin d’horizon pour s’épanouir. Juste d’un carré de terre minuscule irrigué par notre attention, l’étonnement et tout l’amour qu’on y sème.

Ça ne se voit pas, ne se diffuse pas. La plupart du temps, nous ne savons pas parler de cet insaisissable… Mais c’est dans l’intimité de notre être que nous ressentons sa force.

Solitaires de tous les pays, vous n’êtes plus seuls à être seul !

Morice Benin, 15 octobre2016, aux Clouzeaux.

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