No pasaran

 

No pasaran

Edgar Morin : Cet homme va jusqu’au bout de ses utopies réalistes et les façonnent en devenir possible. A quasi un siècle d’âge, rêver de la sorte tient du miracle !

A révolution, il répond : métamorphose… et c’est bien ainsi que je pressens moi aussi la transformation de notre planète-monde en cette année 2016 de toutes les incertitudes.

 

Nous n’avons jamais été aussi performants en matière d’outils de communication.

Grâce au dieu du tout Internet : Immédiateté, efficacité, monde virtuel à tout crin…

Et paradoxalement, nous n’avons jamais été autant en proie à une si profonde perte de sens, un mal à être rôdant sans cesse et inexorablement camouflé par tous nos gadgets dernier cri.
Rassurez-vous : je ne vais pas entonner le couplet du vieil anar post-soixanthuitard nostalgique, mais quand même, j’aimerais vous dire…

 

Les frontières se sont brouillées. Le vrai, le faux, la fourberie, la dignité. Tout est en devanture, tout masque son contraire…

Suite à ces attentats meurtriers qui nous tous sidérés, les lieux communs n’ont pas tardé à pulluler, les analyses à foisonner. Bref, on sature.

Mais tant tout ce magma organisé et qui fait les choux gras de quelques boutiquiers cyniques, nous sommes quelques-uns à affirmer nos petites valeursdésuètes, à assumer nos limites et à tenter de nous reconnaitre. A nous sentir faillibles et forts tout à la fois.

Oui, se reconnaitre d’abord pour se sentir moins seul. Respirer ensemble.

Et puis, parfois, s’indigner face à ce monde clé en main que certains jusqu’auboutistes nous fomentent (Google, Free, Microsoft et autres Faces de bouc adeptes d’une transhumanité toute puissante).

Cette lutte si moderne dans sa forme semble pourtant millénaire dans son fond (Gide ne disait-il pas au siècle dernier : « Le monde ne sera sauvé -s’il peut l’être-, que par les insoumis…ils sont ces insoumis le sel de laterre… » ). Mais ce combat arbore en notre temps un caractère d’urgence pour éviter que nos enfants s’engouffrent dans ce vide abyssal…

Faisons-leur confiance.
Pour pas mal d’entre eux, ils ont déjà perçu le piège que tentent de camoufler tous les médias…
Alors les voici qui se lèvent :
Nuit debout et autres Notre dame des Landes.

Les luttes sont multiformes et forcément éphémères, fragiles mais tenaces.

Elles meurent et renaissent ailleurs. Elles tendent toutes vers un Inespéré.

C’est ainsi que s’appellera mon prochain opus : « L’inespéré » ( Parution Inch’Allah en mars 2017). Dédié en grande partie à saluer cette minorité de nos jeunes lucides, à les accompagner.

Julos beaucarne (1) disait en fêtant ses 60 ans : « J’ai 20 ans depuis 40 ans »… Très juste !

Lui et moi plus quelques autres, avons ceci en commun d’être d’infatigables quêteurs de ce que notre jeunesse nous a enseigné de plus pur, une fois débarrassée de son arrogant orgueil : L’élan de vie. Puisse-t-il nous préserver le la résignation.

  1. Camarade-chanteur d’une lucidité espiègle.

 

Morice Benin, septembre 2016

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